Parler comme un local (ou presque)
Comment apprendre la langue avant… et pendant ton stage à l’étranger
Tu as ton billet, ton stage, ton sac.
Prochaine étape : réussir à aligner plus que “hello” et “thank you” dans la langue du pays.
Bonne nouvelle : tu n’as pas besoin d’être bilingue pour t’en sortir, mais tu as tout intérêt à t’y mettre avant de partir… et à continuer une fois sur place.
1. Avant de partir : poser les bases (sans se prendre la tête)
Avant ton départ, l’objectif n’est pas la perfection, mais d’avoir un kit de survie linguistique pour comprendre, demander, et ne pas paniquer au supermarché.
Vocabulaire utile en priorité
Concentre-toi sur ce qui te servira vraiment : se présenter, demander ton chemin, commander à manger, poser une question simple, dire “je ne comprends pas”.
Fais des petites listes de mots autour de ton futur quotidien : transports, logement, bureau, nourriture, horaires.Phrases “de survie” à connaître par cœur
Apprends une vingtaine de phrases que tu peux ressortir sans réfléchir :“Je suis en stage ici pendant X mois.”
“Pouvez-vous répéter plus lentement ?”
“Où se trouve… ?”
L’idée : avoir quelques phrases réflexes qui te débloquent dans les premières semaines.
Mini routine quotidienne
Mieux vaut 10 minutes tous les jours que 2 heures une fois par mois.
Tu peux par exemple :réviser avec une appli dans le bus,
noter 5 nouveaux mots par jour,
te fixer un mini objectif : “aujourd’hui, j’apprends tout ce qui tourne autour du café / métro / bureau”.
2. Les applis, séries et podcasts : transformer ton canapé en salle de classe
Pas besoin d’un gros manuel pour commencer : tes écrans peuvent devenir tes profs.
Applis d’apprentissage
Utilise une appli pour les bases (alphabet, phrases simples, conjugaison de survie).
Le plus important : activer les rappels, garder une série, et ne pas chercher à tout faire parfait. L’idée est de débloquer la langue.Séries, films et YouTube
Regarde des vidéos dans la langue cible avec sous-titres (d’abord dans ta langue, puis dans la langue cible quand tu es plus à l’aise).
Choisis des contenus simples : vlogs, séries légères, vidéos pour débutants, pas un thriller hyper technique.Podcasts et musique
Mets un podcast très simple en fond sonore pendant que tu cuisines ou ranges, juste pour habituer ton oreille au rythme et aux sons.
Avec la musique, cherche les paroles, repère quelques mots, essaie de chanter (même faux, ça compte).
3. Se préparer pour le monde du travail (pas juste pour commander un café)
Tu ne viens pas seulement pour voyager : tu viens pour travailler dans une autre langue.
Vocabulaire pro de ton domaine
Liste les mots-clés de ton métier ou de ton stage (réunion, mail, rapport, client, équipe, etc.).
Apprends quelques phrases types que tu utiliseras au bureau :“Je peux vous poser une question à propos de ce projet ?”
“Pouvez-vous m’expliquer comment vous faites d’habitude ?”
“Je vous envoie le document par mail.”
Simulation de situations
Entraîne-toi à voix haute comme si tu étais déjà au bureau : te présenter, parler de tes études, expliquer ce que tu sais faire.
Tu peux même t’enregistrer pour t’habituer à t’entendre dans la langue et repérer ce qui coince.Préparer les premiers jours
Note quelque part une petite présentation prête à l’emploi : qui tu es, d’où tu viens, ce que tu fais en stage.
Ce texte te servira en boucle avec tes collègues, ton tuteur, voire ton propriétaire.
4. Une fois sur place : booster ton niveau au quotidien (sans cours “officiels”)
À partir du moment où tu arrives, chaque journée devient un cours de langue géant.
Oser parler, même mal
Tu vas forcément faire des erreurs… et c’est comme ça que tu progresses.
Force-toi à passer dans la langue locale dès que possible : au café, au supermarché, au bureau. Même si la phrase est bancale, tente.Rituels pro en langue locale
Au travail, tu peux :prendre tes notes de réunion dans la langue,
essayer de rédiger tes premiers mails simples,
demander à ton tuteur de corriger tes formulations importantes.
Plus tu l’utilises dans le contexte réel de ton stage, plus tu fixes le vocabulaire.
Petites missions linguistiques chaque jour
Par exemple :Jour 1 : demander ton café dans la langue.
Jour 2 : demander ton chemin.
Jour 3 : engager une mini conversation avec un collègue (“ton week-end ?”, “ton trajet ?”).
Tu progresses par micro‑victoires, pas par “grande théorie de grammaire”.
5. Se créer une “bulle locale” : amis, colocs et habitudes
La langue progresse beaucoup plus vite quand tu ne passes pas tes soirées uniquement avec d’autres francophones.
Chercher du contact local
Participe à des événements pour étudiants, meetups linguistiques, activités de ta ville, cours de sport ou de danse.
L’objectif : t’obliger à entendre et utiliser la langue dans d’autres contextes que le bureau.Colocation et vie quotidienne
Si possible, choisis une coloc avec des personnes qui parlent la langue du pays.
Les discussions de cuisine, les blagues, les petites galères du quotidien sont un des meilleurs “cours de langue” que tu puisses avoir.Limiter le refuge de ta langue maternelle
Garde des moments en français (pour te reposer), mais évite d’être H24 dans une bulle francophone, sinon ta progression ralentit énormément.
6. Garder une trace de tes progrès (et rester motivé)
Tu vas avoir des jours où tu auras l’impression de stagner, alors que tu avances.
Carnet de vocabulaire vivant
Note les expressions que tu entends souvent au bureau ou dans la rue, avec des exemples.
Relis-les régulièrement et essaie de les replacer dans de vraies conversations.Petit bilan chaque semaine
Pose-toi ces questions :Qu’est-ce que je comprends mieux qu’il y a une semaine ?
Quelles situations me stressent encore ?
Quel mot/phrase j’ai réussi à placer pour la première fois ?
Ça te permet de voir noir sur blanc que tu progesses, même si tu ne te sens pas encore fluide.
Se fixer un défi
Ça peut être : regarder un film entier sans sous-titres, faire un appel téléphonique seul, participer à une réunion sans passer en anglais.
Chaque défi validé = un gros boost de confiance pour la suite.
En résumé, tu n’as pas besoin d’attendre d’être “prêt” pour partir : tu commences avant, tu continues pendant, et ta langue progresse au même rythme que ton stage.
Ce qui compte le plus, ce n’est pas d’être parfait, mais d’être régulier, curieux, et d’oser ouvrir la bouche, même quand la phrase n’est pas parfaite.
